Journal de la classe du CE2-CM1 de l'école élémentaire du Chat Perché au Bourget du Lac
Terre - lune, terre - lune
Ce soir j'ai mis mes ailes d'or
Dans le ciel comme un météore
Je pars.
Terre - lune, terre - lune
J'ai quitté ma vieille atmosphère
J'ai laissé les morts et les guerres
Au revoir.
Dans le ciel piqué de planètes
Tout seul sur une lune vide
Je rirai du monde stupide
Et des hommes qui font les bêtes.
Terre - lune, terre - lune
Adieu ma ville adieu mon cœur
Globe tout perclus de douleurs
Bonsoir.
Boris Vian
Dans une boîte, je rapporte
Un peu de l'air de mes vacances
Que j'ai enfermé par prudence.
Je l'ouvre ! Fermez bien la porte
Respirez à fond ! Quelle force !
La campagne en ma boîte enclose
Nous redonne l'odeur des roses,
Le parfum puissant des écorces,
Les arômes de la forêt...
Mais couvrez vous bien, je vous prie,
Car la boîte est presque finie :
C'est que le fond de l'air est frais.
Jacques Charpentreau
Mes orteils en sandales
Et ma tête qui pense
Tournent et pédalent
Pendant les vacances.
Mais c'est la rentrée !
Et avec les chaussures
Aux lacets noués,
C’est une autre aventure !
Le guidon
Devient crayon,
Tout ce que j'écoute
Sera ma route,
Même le cahier
Se fait le sentier
De belles histoires !
Mais, vous pouvez me croire,
Le cartable rangé,
les leçons apprises,
J'irai plus vite que la bise !
Christine FAYOLLE
Au pays d’Alphabet,
Les lettres s’ennuyaient ;
Chacune dans son coin, inutiles,
Elles ne savaient que faire,
Elles ne savaient que dire !
Mais un jour,
le E, le A, le U se rencontrèrent…
Eau ! dirent-elles, ensemble.
Oh ! s'exclamèrent les autres.
Le C, le R, le I poussèrent un cri,
Signe qu’ils avaient compris !
Et c’est ainsi que tout a commencé.
Jacques LAFONT
Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !
La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.
O temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.
René Guy Cadou
A pas menus, menus,
le bel automne est revenu,
dans le brouillard, sans qu'on s'en doute
il est venu sur la grand-route
habillé d'or et de carmin
et tout le long de son chemin
le vent bondit,
les pommes roulent
il pleut des noix,
les feuilles croulent.....
ne l'avez-vous pas reconnu ?
Le bel automne est revenu.
Raymond Richard
Au seuil de l'hiver,
Quand plus rien n'est vert,
Que plus rien n'est sec,
Je claque du bec.
Dans mon nid, perché
En haut du clocher,
Picorant la brume,
Je risque le rhume.
Tes ennemis sont
Frimas et glaçons :
Boucle ta valise,
Vole et fends la bise
Et va-t'en, ma fille,
Où le soleil brille.
Loin du vent d'hiver,
Où nul ne connaît
Ni le cache-nez
Ni le pullover,
Cigogne va-t'en !
Loin des vents d'automne
Qui font qu'on frissonne,
Va vers le beau temps !
Jean-Claude Busch
J'ai demandé à l'âne
Ce qu'il pensait des gens :
"Ils sont intelligents,
Ils en ont, dans le crâne !
Ce sont des acrobates
Ou bien des estropiés
Car ils n'ont que deux pattes
Là où j'ai quatre pieds !
J'ai pitié, je dois dire,
De leurs oreilles naines;
Ils sont jaloux des miennes
Et font semblant d'en rire.
C'est sans doute pour ça,
Quand je vais au marché,
Que mon maître me bat
Pour me faire marcher."
Jean-Claude Busch
Un écureuil, sur la bruyère,
Se lave avec de la lumière.
Une feuille morte descend,
Doucement portée par le vent .
Et le vent balance la feuille
Juste au dessus de l'écureuil;
Le vent attend, pour la poser,
Légèrement sur la bruyère,
Que l'écureuil soit remonté
Sur le chêne de la clairière
Où il aime à se balancer
Comme une feuille de lumière.
Maurice Carême
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.
Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie:
« Le temps a laissé son manteau!
De vent, de froidure et de pluie, »
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livrée jolie,
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie;
Chacun s'habille de nouveau.
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.
Charles d'Orléans (1394/1465)